TDA-H : évaluation et prise en charge de l'enfance à l'âge adulte

Journée de formation destinée aux psychologues et psychiatres et ouverte aux professionnel·le·s de la santé

La journée se déroulera en 4 volets :

1) Un enjeu de société
Au Québec, le problème que le TDA-H soulève est devenu un enjeu de société. La très forte croissance des diagnostics de trouble déficitaire de l'attention avec ou sans hyperactivité a de quoi inquiéter et la consommation de médicaments pour les traiter atteints des sommets inégalés. La facilité avec laquelle on obtient les psychostimulants a même suscité chez plusieurs l'envie de l'utiliser pour ses effets sur la concentration afin d'améliorer son efficacité au travail ou durant ses études. Dans certains cas, il s'agit d'un véritable TDA-H mais parfois les symptômes cachent d'autres pathologies qui passent sous silence. On trouve également dans la société de plus en plus de personnes stressées, rivés sur un écran, incapables de gérer temps ou émotions, et ce, dès l'enfance. On a alors des « allures de TDA-H » dans cette société où prédomine la rapidité. Le milieu scolaire est maintenant le premier à suggérer d'entrée de jeu la solution pharmacologique parce qu'on manque de ressource pour analyser les causes possibles de l'agitation, de l'impulsivité, de l'inattention du jeune qui dépasse largement le domaine médical. Les médecins, impuissants devant la détresse des parents voire des enseignants, prescrivent promptement pour solutionner le problème. Faute de moyens, l'utilisation d'approches non médicales complémentaires ou alternatives à la prise de médicaments est régulièrement mise de côté (psychothérapie, relaxation, yoga, exercices physiques...), et ce, au profit d'une réponse rapide et efficace. Les pédiatres québécois ont récemment dénoncé ce phénomène de surconsommation.

2) Évaluation diagnostique du TDA-H
Après une réflexion sur l'évolution de la reconnaissance du TDA-H, un bref survol de ce qu'est le TDA-H en 2021 sera fait (cause, étiologie, épidémiologie...). On élaborera ensuite les  conséquences du TDA-H. Nous verrons comment l'évaluation neuropsychologique peut contribuer à préciser les besoins du jeune avec TDA-H et contourner les embuches de faux diagnostics. Quelques tests, les plus utiles au diagnostic différentiel  seront  présentés.

3) Complexité du diagnostic
Avec les troubles d'apprentissage, le TDA-H est l'une des plus fréquentes raisons de références en neuropsychologie pédiatrique. Vu son caractère neurobiologique qui affecte l'intégrité des réseaux neuronaux, il n'est pas rare d'identifier en plus du TDA-H, d'autres atteintes ou autres déficits qui viennent en complexifier ses manifestations. Le TDA-H peut ainsi coexister avec d'autres pathologies qu'on appelle comorbidités ou troubles associés, ce qui rend son diagnostic et son traitement plus difficiles à cerner. Par ailleurs, on peut trouver chez un jeune ces mêmes manifestations d'impulsivité, d'inattention et/ou d'hyperactivité correspondant aux 3 symptômes cardinaux du TDA-H mais dont la présentation clinique dépasse largement le tableau habituel du TDA-H. Il pourrait s'agir d'une autre pathologie qui se confond avec le TDA-H ou/et que ce dernier camoufle. TDA-H complexes, comorbidités (pathologies associées) et confusions diagnostiques ou diagnostic différentiel seront abordés dans cette troisième partie avec présentation de cas.

4) Intervention
Enfin, on décrira à quoi pourrait ressembler une gestion de classe facilitant l'encadrement d'un jeune ayant un TDA-H à l'école. On identifiera les meilleures stratégies pour aider le jeune ayant un TDA-H dans les différents milieux qu'il côtoie (groupes sociaux, amis, famille...).  On abordera finalement quelques questions que posent souvent les parents : Dans quelles circonstances est-il recommandé de médicamenter le jeune pour l'aider à contrôler son TDA-H ? Que devrait-on faire si le jeune, à l'arrivée de l'adolescence, décide de ne plus prendre sa médication ? Est-il vrai que le TDA-H a tendance à s'effacer à mesure que l'on gagne en âge ? Comment un parent doit-il se comporter pour aider son jeune ayant un TDA-H ? Concrètement. Et pourquoi. Quelles sont les différences entre un jeune avec TDA et celui ayant un TDAH ? Toutes autres questions provenant de la salle.

Dre Francine LUSSIER

Docteure en neuropsychologie de l'Université de Montréal, elle a fondé le Centre d'Evaluation Neuropsychologique et d'Orientation Pédagogique (CENOP) en 1994, qui offre des services personnalisés aux enfants et adolescents en souffrance psychologique ou en difficultés d'apprentissage et de comportement.
Elle est professeure associée au département de psychologie de l'Université du Québec à Trois Rivières (UQTR) et directrice des activités cliniques et scientifiques au Centre de formation CENOP Inc.

Notes

  • Journée en vidéoconférence ou participation en présentiel (nombre de places limité et Certificat COVID requis).  Merci d'indiquer la modalité souhaitée dans "commentaires" lors de l'inscription.

21COL-LUS/TDAH